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Les sculptures protéiformes de Robert Malaval

24 mars 2021

Dans le cadre de la vacation dédiée à l'Art Moderne et Contemporain le 8 avril 2021, la maison PIASA a le plaisir de proposer à la vente une très belle pièce réalisée par l'artiste français Robert Malaval.  

Né à Nice, Robert Malaval est venu à la peinture en autodidacte, après avoir été électricien. Installé alors en Haute-Provence, il élève des vers à soie qui lui inspireront sa fameuse série de l’Aliment blanc : comme il l’explique, celle-ci est « né(e), d’abord, de l’observation de phénomènes naturels, comme la sécrétion envahissante des chenilles du bombyx, d’où naît le cocon, dans l’élevage du ver à soie, que j’ai pratiqué, et où vous obtenez, à partir de l’impondérable, des centaines de kilos grège. » Sous ce titre insolite, l’artiste réalise un ensemble conséquent de reliefs et de sculptures-objets pendant dix ans.

La série de l’Aliment blanc, qui comprend cent vingt reliefs et sculptures-objets, retiendra Malaval durant dix ans. Par sa blancheur monochrome, elle s’oppose à la série précédente (1956-1960) constituée de reliefs aux couleurs sombres et à la surface rugueuse, grumeleuse et accidentée. Les œuvres de l’Aliment blanc n’incarnent cependant pas un idéal de pureté et de perfection mais renvoient plutôt à l’idée de mal-être et de maladie. Comme le montre notre œuvre, Trophée colonial, hiver 1961, pour fabriquer l’Aliment blanc, Malaval a privilégié le papier mâché, technique artisanale avec laquelle il s’était familiarisé dans sa jeunesse lors de la fabrication des grands masques pour le Carnaval de Nice (l’artiste a utilisé également des matériaux plus inédits comme les grains de riz, des cacahuètes …). 


Lot 48 Robert Malaval (1937-1980) Le trophée colonial (de l'aliment blanc), hiver 1961 Robert Malaval (1937-1980) Le trophée colonial (de l'aliment blanc), hiver 1961 Painted and glued papier-mâché relief Signed on the bottom right Titled and dated beneath the base on the artist's label 30 x 28 x 82 cm Provenance: Jean Ferrero collection, Nice  ESTIMATE: 20000 / 30000 €Robert Malaval (1937-1980)
Le trophée colonial (de l'aliment blanc), hiver 1961
Estimation : 20 000 / 30 000 €


Protéiformes, les Aliments blancs sont des sculptures-fiction de natures différentes qui envahissent l’environnement de Malaval (tableaux, fauteuils, corps, atelier) et échappent à toute tentative de définition stricte. Ce dernier les considère comme des « objets à scénario » que chacun est libre d’interroger et d’interpréter. On peut voir dans ces excroissances blanchâtres et organiques, à l’aspect tantôt hiératique, tantôt filandreux ou gonflé, l’incarnation de ses névroses mais aussi celle des contraintes et des obsessions de chacun. Certains ont vu dans les débordements matiéristes des Aliments blancs une métaphore de l’envahissement de notre société par une forme de maladie, une sorte d’excroissance qui serait un rejet par la matière. Si l’Aliment blanc ouvre à Malaval les portes des galeries, il essaiera de « changer la vie » après cette série, en intégrant à ses peintures des paillettes qu’il appelait « poussières d’étoile ». 

Vente associée

Art Moderne et Contemporain

Paris jeudi 8 avr. 18:00 Voir les lots