À l'occasion de sa prochaine vacation Afrique + Art Moderne et Contemporain du mercredi 11 mai 2022, PIASA met en lumière le travail du photographe Samuel Fosso.
Fosso est une sorte de caméléon. Son utilisation de la mode et du corps pour questionner l’identité, le genre et la sexualité défie les catégorisations simplistes. Depuis l’époque de ses autoportraits expérimentaux, réalisés à l’adolescence dans un studio commercial de Bangui, en République centrafricaine, il a exploré avec constance le potentiel de l’appareil photographique à fabriquer des mythes. Dans ses autoportraits, il se grandit en devenant quelqu’un d’entièrement autre. Tard le soir, pour finir un rouleau de film, il se déguisait pour poser devant l’objectif, copiant son apparence sur des images trouvées dans des catalogues et des magazines, ou des couvertures d’albums de stars populaires de la musique festive nigériane. En 1997, à la suite de sa participation aux premières Rencontres de Bamako, le grand magasin parisien Tati lui commanda un nouvel ensemble d’autoportraits. La série qui en résulta, Tati, basée sur l’iconographie africaine et les archétypes de la diaspora africaine, puise dans le pouvoir symbolique de l’habillement, des accessoires et de la pose. Ce fut un moment crucial de sa carrière. Avec Tati, Fosso redéfinissait le corps africain comme un territoire riche de potentialités subjectives. Et il alla encore plus loin.
Artur Walther
New York, 2019
O. Enwezor (ed.), Samuel Fosso: Autoportrait, Steidl, Gottingen, 2021.
Samuel Fosso (Né en 1962, Cameroun)
Le pirate (Série Tati), 1997
Estimation : 10 000 / 15 000 €
