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Casimir Zagourski, l'Afrique qui disparaît

7 septembre 2018

A l’hiver 1924, Casimir Zagourski embarqua pour Léopoldville afin de s’y installer définitivement. Il laissait derrière lui ses titres de noblesse et une brillante carrière dans l’armée impériale pour devenir le portraitiste du continent africain. Zagourski venait de fêter ses quarante ans et, cherchant le dépaysement et l’aventure, il choisit de suivre les expéditions qui sillonnaient les plaines et remontaient jusqu’aux sources du Nil. Il s'installe dans la capitale du Congo Belge et ouvre un studio de photographie et un laboratoire de développement. 


Déjà conscient de vivre les derniers instants d’une Afrique épargnée par la modernité, il documente les peuples et leurs coutumes. Scènes de la vie quotidienne, éléments d’architecture, costumes, panaromas sont photographiés selon une méthode sérielle, la répétition et l’accumulation devenant, sous l’objectif de Zagourski, un geste artistique. La beauté est partout : dans les coiffures, dans la nature, dans les corps et dans les regards. Les photographies se répartissent ainsi en deux séries soigneusement inventoriées.



Lot 515 - Casimir Zagourski (1883-1944) Rwanda. La Reine Mère

Lot 515 - Casimir Zagourski (1883-1944)
Rwanda. La Reine Mère
Estimation : 4 000 - 6 000 €

Résultat: 13 000 €


Zagourski comprend très vite la nécessité de commercialiser lui-même son oeuvre. Il rassemble ses images dans de prestigieux albums intitulés L'Afrique qui disparaît, déclinés en nombre très limité et tous différents, à la couverture ornée d'une tête d'éléphant en cuir embossé. Aux côtés de ces ouvrages de prestige, Zagourski tire ses photographies en petit format pour les amateurs. Devant le succès rencontré par ces photographies faciles à collectionner, il tire de nouveau sur papier argentique les séries complètes en petit format et leur ajoute un dos de carte postale. Ses photographies étaient prêtes à voyager à travers le monde. 


Submergé par les tons et par les formes, Zagourski décide de composer certains de ses paysages et de ses portraits tel un peintre du XVIIe siècle. Il s’écarte de la représentation frontale et objective de l’ethnologue pour capter des clair-obscurs, des visages impénétrables, des yeux voilés par le souvenir. Ces photographies font sa réputation en Europe. Les autorités belges présentent soixante de ces "photos-tableaux" dans le pavillon du Congo Belge de l'Exposition Internationale de Paris de 1937; Zagourski les tire alors sur un papier photographique velours d'une qualité exceptionnelle, qui apportent grain et moelleux à chaque cliché.


Lorsqu'en 1939 éclate la Seconde Guerre Mondiale, Casimir Zagourski est en Pologne. Citoyen d'une nation envahie par l'Allemagne et par la Russie, il parvient l'année suivante à gagner la Belgique puis voyage à travers l'Europe avant de regagner l'Afrique. Malade, il s'éteint en 1944 à Léopoldville, laissant derrière lui une oeuvre célébrée.


Cette collection est exceptionnelle tant par son ampleur que par les pièces qui sont présentées, elle est le souvenir d’une Afrique rêvée, les images d’un monde envolé.

Vente associée

Photographies de Casimir Zagourski

Paris mardi 18 sept. 16:00 Voir les lots