Dédiée à la collection de Daniel Varenne, la vacation organisée par le département d'art contemporain de PIASA, le mercredi 28 octobre 2020, constituera une occasion de mettre à l’honneur les artistes emblématiques de la seconde moitié du XXe siècle, parmi lesquels Daniel Spoerri.
Le pogrom de Lasi perpétré en 1941 par une Roumanie alliée de l’Axe, fait disparaître le père de l’artiste et pousse sa famille sur les routes de l’exil. A travers les montagnes des Balkans, elles les menèrent en Suisse. C’est en effet à Zurich que celui qui s’appelait avant-guerre Daniel Isaak Feinstein est recueilli par son oncle maternel, le professeur de littérature Théophil Spoerri (1980-1974).
A l’école de danse de l’Opéra de Zurich, puis au côté de la danseuse Olga Preobrajenska (1871-1962), c’est à la confluence de la danse, du mime et du théâtre que le jeune Daniel Spoerri passe ses premières années.
Peu de temps après son installation à Paris en 1959, il crée les éditions « MAT » (Multiplication d’Art Transformable) et organise à la galerie Edouard (sise rue de Rennes), sa première exposition. L’idée était de réaliser des éditions originales d’objets principalement cinétiques qui encourageaient l'intervention du spectateur. Multipliées jusqu’à cent exemplaires, elles étaient numérotées et signées par l’artiste.
Daniel Spoerri (né en 1930)
Palette, (heberstof), 1989
Estimation : 15000 / 25000 €
Parmi les artistes qui y contribuèrent on retrouve Marcel Duchamp, Jean Tinguely que Daniel Spoerri rencontra dès 1949 à Bâle, mais encore Victor Vasarely, Hans Arp ou Christo.
Il invente en 1960 ses premiers « tableaux-pièges » en collant sur des planches des objets du quotidien ramassés dans sa chambre d'hôtel. Le passage entre l’horizontalité et la verticalité conférait à ces objets une présence insolite. Ce travail le conduit à rejoindre le groupe des Nouveaux réalistes lors de sa fondation en 1960.
A partir de 1963, dans une démarche visant à transfigurer la banalité d’un réel que le spectateur ne parvient plus à regarder comme il se doit, il crée ce qu’il nomme des « Détrompe-l'œil ». Dans ces assemblages hétéroclites, l’artiste intègre des objets du quotidien.
De l'île grecque de Symi en 1967 au parc du Montcel à Jouy-en-Josas en 1987 en collaboration avec des artistes comme César, Arman, Pierre Soulages ou encore Jean-Pierre Raynaud, Daniel Spoerri multiplia les performances artistiques.
Datée de 1986, « Caisse palette, Jim Whithing, motorisée » est emblématique du travail de l’artiste. Spoerri à collé entre eux tout les objets présent dans l'atelier de l'artiste-inventeur Jim Whithing (né en 1951). Au travers de ses œuvres« tableaux-pièges » , l’artiste explore ainsi les objets de son entourage, les objets quotidiens et banals et souhaite « donner à la banalité un pouvoir de réflexion ».

