Le mercredi 18 avril 2018, PIASA présentera sa sixième vente d’art contemporain africain, proposant un panorama de la production artistique Africaine, depuis les modernes jusqu’à la création la plus récente des artistes du Continent et de la Diaspora. Parmi les œuvres présentées se trouvera un nu de Jacques Majorelle, artiste majeur du Maroc et de l’Afrique.
Né en 1886 dans la froideur de Nancy, Jacques Majorelle découvre dans les années 1910 les couleurs et la chaleur de l’Afrique du Nord, qu’il épouse définitivement en s’installant à Marrakech dès 1919.
Ses peintures sont un hommage aux tons chatoyants, à la poussière et aux harmonies des paysages de l’Atlas et de l’anti-Atlas qu’il parcourt durant huit grands voyages, ainsi qu’aux rues, aux scènes quotidiennes, aux souks et aux kasbahs de Marrakech.
Dans les années 1930, il se consacre à un thème très différent, celui des « Négresses nues ». Ces tableaux, présentés en 1934 au Pavillon de la Mamounia, représentent des femmes noires dans des positions alanguies, dégageant une sensualité troublante. Elles sont mises en scènes dans des compositions diverses, posant pour la plupart dans les jardins de la villa du peintre, qui portent aujourd’hui le nom de Jacques Majorelle. Créés et entretenus par l’artiste-jardinier, leur cadre somptueux met en valeur les tons d’ébène, d’ocre et d’or des nus. Majorelle applique des oxydes métalliques, de la poudre d’or et d’argent à ses toiles, les incorporant dans la peinture afin de donner des reflets et de la lumière aux courbes sensuelles de ses modèles. Celles-ci sont souvent des jeunes femmes travaillant dans l’atelier d’artisanat qu’il a créé avec sa femme afin de produire des meubles, de la maroquinerie fine ou de la menuiserie.
Ce thème que Majorelle explorera tout au long de sa vie élève la beauté des femmes noires du pays Glaoui aux canons de la beauté classique ; ces descendantes des belles esclaves de la vallée du Souss et du Drâa et que les caravanes venant de Tombouctou ont ramenées du Niger, sont pour Jacques Majorelle la personnification et la concrétisation de ses rêves et de « cet Orient irréel que seuls les poètes connaissent et qui rarement s'offre à nos regards », comme il l'écrit à Etienne Cournault.
Il explore de 1945 à 1952 les sources de son inspiration à travers trois voyages au Soudan, en Guinée, en Côte d’Ivoire, au Niger et au Sénégal, et sa palette se transforme, avec des tons plus fauves, des contrastes plus saisissants.
Jacques Majorelle est victime en 1955 d’un accident de voiture qui conduira à sa mort en 1962. Son jardin, laissé à l’abandon pendant plusieurs années, est ressuscité par Pierre Bergé et Yves Saint Laurent dans les années 1980 ; il demeure, comme l’œuvre peint de son créateur, une icône de la splendeur du Maroc.