Parmi les oeuvres présentées par PIASA à l'occasion de la vente d'Art Moderne et Contemporain le mardi 3 décembre 2019, figure cette belle huile sur toile signée Yan Pei-Ming intitulée Paysage international n°3.
Ayant grandi dans un monastère bouddhique en Chine, Yan Pei-Ming devient peintre propagandiste avant de s’installer en 1980 en France. Il entre à l’école des Beaux-Arts de Dijon, dont il sort diplômé en 1986 et acquiert une notoriété avec la série des "Têtes de Mao", œuvres qui se singularisent par leur dimension monumentale, leur traitement fougueux et leur palette grise. Prix de Rome en 1993, Yan Pei-Ming après s’être attaqué au genre du portrait dans des registres les plus divers (d’anonymes, de célébrités…), se confronte à la peinture d’histoire. Reprenant dans un premier temps des épisodes de l’actualité, comme la guerre en Irak ou les attentats du 11 septembre, Yan Pei-Ming aborde ces thèmes en leur conférant une dimension intemporelle.

Yan Pei-Ming (né en 1960) Paysage international, n°3, 2000
Estimation : 40000 / 60000 €
C’est sous le même angle qu’il faut considérer les "Paysages internationaux", série entamée en 1999 et à travers laquelle Yan Pei-Ming s’intéresse à la création de paysages clichés dépourvus de toute particularité et dont on ne sait rien, en dehors de leur caractère « international ». Tous les efforts déployés pour les identifier sont vains : « C’est un paysage international. Par conséquent, on ne sait pas où il se trouve » déclare l’artiste placidement. Comme on l’observe ici avec notre tableau (« Paysage international, n°3 », 2000), il s’agit d’un paysage de campagne, nocturne, qu’habite un rare bosquet et une maison. La peinture est appliquée par de larges coups de pinceaux, avec une puissance et une vigueur inégalée, tandis que la palette chromatique est réduite à des déclinaisons de gris. Il y a ainsi une sorte de contraste entre l’engagement physique de l’artiste dans le traitement du tableau et le caractère vague de son sujet. L’œuvre ne répond pas forcément aux attentes du spectateur, comme souvent chez Ming. Sur ce point, Hou Hanru l’a écrit très justement : « Il (Yan Pei-Ming) réduit et souvent élimine l’identité des lieux et de là provoque une contradiction entre la fonction d’une peinture de paysage en tant qu’identification à un lieu et l’impossibilité réelle d’une telle identification à cause de la répartition des éléments du cliché universel. » C’est de ce décalage, associé à une énergie plastique vigoureuse, que naît le caractère mystérieux des Paysages internationaux de Yan Pei-Ming.